Quand j'ai rencontré Robert Greene en 2009, j'ai été beaucoup séduit par le personnage. Cultivé, parlant parfaitement le français, etc. On a passé une belle après-midi ensemble à Los Angeles et toute l'équipe des éditions Leduc garde un excellent souvenir de son passage à Paris.
Nous avons bien sûr discuté du livre qui sortait à l'époque aux USA : the 50th Law (que nous avons traduit par la 50e loi).
Le nègre
Robert m'a expliqué que 50 cent, comme beaucoup de membres de la communauté noire, avait lu les 48 lois du pouvoir et en était un grand fan. Il faut dire que ce livre est un mythe dans certaines communautés, en particulier dans le milieu hip hop.
Au départ, 50 cent avait contacté Robert dans l'intention de l'embaucher comme "gost writer" pour le livre qu'il projetait d'écrire. A la fin du premier rendez-vous, ils ont choisi de l'écrire ensemble, c'est ce qui a donné la 50e loi.
Cet hiver, en raccompagnant Robert Greene à l'aéroport, j'en ai profité pour lui faire visiter le tombeau de Napoléon qui se trouve sous le dôme des Invalides à Paris. Ça l'a beaucoup ému car depuis qu'il a écrit le premier tome de sa trilogie amorale, les 48 lois du Pouvoir, Robert vit avec ces personnages historiques. Cette visite a aussi été pour nous l'occasion de discuter de son livre intitulé WAR en anglais et dont la traduction était en cours. Je vous livre là un extrait de la préface qui est une bonne présentation de l'ouvrage :
Stratégie, les 33 lois de la guerre est un condensé de la sagesse séculaire des leçons et principes de l’art de la guerre. Ce livre est fait pour vous armer de connaissances pratiques qui vous donneront les moyens de garder l’avantage face aux guerriers qui vous assaillent tous les jours.
Chaque chapitre porte sur un problème spécifique auquel nous sommes régulièrement confrontés. Comment se battre avec une armée sous-motivée ? Peut-on éviter de gaspiller de l’énergie en combattant sur plusieurs fronts ? Comment réduire le gouffre entre ce que l’on avait prévu et la réalité ? Comment se tirer d’un piège ? Vous pouvez lire le chapitre qui concerne votre problème du moment. Mais, mieux encore, lisez les 33 lois stratégiques, appropriez-les vous, faites-en les armes de votre arsenal mental. Même lorsque vous tenterez d’éviter le combat, beaucoup de ces stratégies vous seront utiles pour apprendre à vous défendre et à déterminer de quoi l’autre est capable. Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas des doctrines ou des formules à appliquer, mais des points de repère pour se lancer dans le combat, des graines qui, bien plantées, feront germer en vous le stratège qui y sommeille.
Les stratégies elles-mêmes sont tirées des écrits et des hauts faits de grands généraux de l’histoire (Alexandre le Grand, Hannibal, Gengis Khan, Napoléon Bonaparte, Shaka Zulu, William Tecumseh Sherman, Erwin Rommel, Võ Nguyên Giáp) et de grands stratèges (Sun Zi, Miyamoto Musashi, Carl von Clausewitz, Charles Ardant du Picq, T. E. Lawrence, le colonel John R. Boyd). Ce large éventail va des stratégies basiques aux stratégies non conventionnelles, « sales », des temps modernes. Le livre est divisé en cinq parties : la guerre contre soi-même (préparer son esprit au combat) ; la guerre organisée (structurer et préparer son armée) ; la guerre défensive ; la guerre offensive ; la guerre non conventionnelle (ou « guerre sale »). Chaque chapitre est illustré d’exemples historiques tirés des grands combats de l’histoire, mais aussi de la politique (Margaret Thatcher), de la culture (Alfred Hitchcock), des sports (Mohamed Ali), du monde des affaires (John D. Rockefeller) : cela montre bien le lien étroit qui relie le domaine de la guerre à la vie de tous les jours. Ces stratégies peuvent être appliquées à des combats de tous niveaux : la guerre organisée, la concurrence en affaires, la politique d’un groupe, et même les relations individuelles.
Finalement, la stratégie est un art qui exige non seulement une manière de penser différente, mais aussi une autre approche de la vie en général. Un gouffre sépare trop souvent nos idées et connaissances d’un côté, et nos expériences quotidiennes de l’autre. Nous intégrons des informations futiles qui occupent de l’espace mental sans servir aucunement. Nous lisons des livres divertissants, mais sans aucun rapport avec notre quotidien. Nous avons d’éminentes idées que nous ne mettons pas en pratique. Mais nous avons aussi beaucoup d’expériences potentiellement enrichissantes que nous n’analysons pas suffisamment, dont on ne s’inspire pas, dont on ne tire aucune leçon. La stratégie maintient les deux domaines en contact permanent : c’est la connaissance pratique sous sa forme la plus haute. Les événements de la vie courante n’ont aucun sens si vous ne les analysez pas de manière approfondie ; les idées contenues dans les livres vous sont inutiles si elles ne trouvent pas d’application au quotidien. En stratégie, la vie est comme un jeu auquel on se prête. Ce jeu est très excitant, mais demande aussi beaucoup d’attention et de sérieux. Les enjeux sont énormes. Ce que vous savez doit être mis en pratique et chaque action doit vous apprendre quelque chose. La stratégie devient alors un défi sans cesse renouvelé, et la source constante du plaisir que l’on éprouve à surmonter les difficultés et à résoudre les problèmes.
Un slogan gentiment provocateur qui m'a été soufflé par Nicolas Bordas ;) à qui j'expliquais que nous rééditions Capitalisme et Liberté de Milton Friedman. Un très bon article de Philippe Mabille, publié ce week-end dans La Tribune nous rappelle l'intérêt de lire Friedman qui est "loin de correspondre à la caricature ultralibérale qu'en font certains".
C'était pour nous une surprise puisque l'émission n'avait pu se faire pendant sa visite à Paris. On parlait de l'homme de POUVOIR et de SEDUCTION sur Canal+ hier soir. Ali Baddou en a fait une présentation élogieuse et Pascale Clark semble sensible au charme de Robert Greene ;)
Nous avons profité du café de l'amour organisé mercredi avec Robert Greene pour faire une visite au Virgin des Champs Elysées qui se trouve en face. La bonne surprise c'est qu'à peine une semaine après son lancement, l'Art de la séduction est déjà bien placé dans les listes (entre Jospin et l'Homme qui voulait être heureux... devant Chirac et Sarkozy ;-). Power, les 48 lois du pouvoir se trouve toujours dans la même liste !
Robert Greene est reparti pour Los Angeles ce week-end après une semaine intense durant laquelle il a répondu à de nombreuses interviews. Hélène nous fera un résumé de sa semaine sur le blog des éditions leduc.s
Vous pouvez allez voir par exemple son interview video sur Voici.fr On y apprend par exemple que Paris Hilton a lu deux livres en prison : La Bible et l'Art de la Séduction.
Enfin, je vous invite à voir son interview par Michael (qui va s'acheter un nouveau micro ;-) sur Esprit Riche.
Depuis quelques jours, les éditions Leduc.s sont en émoi : Robert Greene est à Paris pour le lancement de son deuxième ouvrage : l'Art de la Séduction.
Vous pouvez venir rencontrer Robert Greene le 28 janvier 2010 à Paris, au Zango, 15 rue du Cygne, de 17h à 19h.